Moulin à paroles 2009: la page manquante, la page qu’ils ont écrite!

Un peuple doit aussi savoir se rappeler les pages les plus noires de son Histoire. Malheureusement, c’est le triste lot de tous les peuples.

 

Dans ce sens, la lecture du manifeste du FLQ qui a tant fait l’actualité se comprend et se doit d’être.

Lu sous la menace terroriste et se terminant par le lâche assassinat de Pierre Laporte, otage sans défense d’une démocratie en otage, il est lié et ne peut être dissocié de ce contexte.

 

Pour tous les démocrates, cette lecture aura été un souvenir très pénible, mais pour les victimes des terroristes felquistes et leurs proches, parents, amis etcollègues à ce drame collectif s’ajoutera le souvenir d’un drame personnel, en particulier pour les enfants et la veuve de Pierre Laporte dont les existences pour toujours basculeront ce jour là.

 

Dans tout cela, ce qui indigne est la banalisation du drame humain et la valorisation chez certains de ce texte comme un élément marquant de notre histoire alors qu’il n’en est qu’un immonde dérapage, une page noire de notre démocratie, mais qui nous conduit à une autre page beaucoup plus noire, mais tout au contraire, évènement exceptionnel et marquant, s’agissant du destin d’un peuple.

 

Ce référendum sur une question confuse où le mot si grand et si beau de PAYS a été écarté délibérément et de manière hypocritement calculée; nous proposant donc la séparation sans nous offrir un pays.

 

Ce en quoi depuis quatre siècles ont œuvré vague d’immigrants après vague d’immigrants, génération après génération, pour le meilleur et parfois le pire, selon leurs convictions et leurs espoirs pour en faire le plus beau, le plus grand et le plus noble qu’il soit.

 

Ce référendum apatride d’une démocratie trompée sentant fort ‘la cage aux homards’, plus encore que le manifeste felquiste abusera bien des citoyens et se terminera selon sa propre logique sur un discours haineux et sectaire, sous leurs applaudissements infâmes  laissant un Québec interloqué, sans voix ne se reconnaissant plus, comme dans la mort de Pierre Laporte.

 

Ce n’était pas l’évènement d’une poignée de jeunes idéalistes tout autant qu’écervelés, acteurs tout autant que victimes manipulées d’un Québec rouge, s’exilant sous le régime totalitaire d’une junte militaire les fascinant pour y perdre leurs illusions et réduits à demander asile à la France dans l’attente de leur retour penaud au Québec. C’était l’évènement de nos représentants élus au pouvoir, adultes matures et supposément responsables .

 

C’était l’ÉVÈNEMENT d’une époque qu’ils ont largement dominée et qui nous a fait passé

     - de la révolution tranquille au déclin tranquille pour reprendre le constat si juste d’un de leur ex-politicien  désabusé,

      - de la revanche des berceaux à la débâcle des berceaux résultat d’une pression fiscale trop lourde non accompagnée d’une politique familiale adéquate,

      - de l’état providence à être leur providence laissant à la génération suivante le lourd passif de leur aventure.

 

Ils n’auront été qu’un désastre pour le Québec et dont il devient urgent de faire le bilan pour enfin s’en sortir.

 

De ce moulin à paroles, initiative brillante et qui sera reprise c’est certain, cette page d’un évènement d’exception, délibérément manquante mais indélébilement écrite qui les illustre  tant, sera la plus marquante car ce ne sera plus eux qui regarderont notre histoire, mais notre histoire qui les regardera.

 

On comprend trop bien qu’ils n’ont voulu le faire, s’illusionner à vouloir le retarder mais le Moulin de l’Histoire est impitoyable et inéluctable.

 

Finalement ce moulin à paroles autour d’un mot restera pour l’histoire que la page manquante… d’un mot manquant…

 

A09-03-1